Manuel Ruiz-Vida est peintre mais c’est avec un appareil photo qu’il fixe les images qui lui font signe et qui donneront peut-être un jour naissance à une toile.
Lors de mes déplacements, je prends beaucoup de photos de Pékin; j’observe la surface des murs où se reflètent des ombres, des intérieurs de restaurant la nuit, l’architecture ultra moderne du métro, le déplacement des chinois sur les passerelles, à travers des constructions graphiques, des images reflétées sur le sol, des transparences, etc …
Il m’est difficile de pouvoir photographier des usines. Je me suis rendu il y a quelques jours à Xiditou, appelé “village du cancer”. Il y a un nombre considérable de bâtiments industriels, beaucoup de gens vivent au pied des usines. La police est intervenue et ne m’a pas autorisé à prendre des photos. Malgré cela , j’ai quelques images reflétant les conditions de vie des habitants. L’air y est difficilement respirable, certains chiens errent dans le village à la recherche de déchets.
A Pékin, je prenais souvent le métro, j’ai passé beaucoup de temps à filmer les aller -retours des pékinois, les rythmes quotidiens, à l’intérieur et à l’extérieur des rames, l’aménagement linéaire des différentes stations où je choisissais de m’arrêter chaque jour ou parfois au hasard, je pouvais ainsi découvrir un nouveau quartier. Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est l’énergie de la ville, de la foule et de la multitude de véhicules qui circulent, mais aussi des édifices démesurés et vertigineux parfois noyés dans la brume de pollution, les rendant fragiles et presque invisibles. Dès notre arrivée, une étrange lumière nous a presque donné l’impression d’être dans une autre planète. En découvrant cette immense mégapole chinoise, j’ai pensé au futur, à la vue du modernisme de ces innombrables constructions et écrans lumineux, et à quelque chose qui me dépasse. Comme si tout allait très vite. Certaines des images visibles ici et dans une autre rubrique, traduisent un regard pictural, qu’il s’agisse de l’importance de la couleur, de la lumière, d’une composition abstraite, ou d’une image peu reconnaissable comme celle d’un détail de rideau plastifié, ou d’un mur noir où sont écrits des noms à la craie blanche éclairés par une lampe. Mon intêret pour les ombres s’est révélé à Pékin. Celles projetées des arbres, des feuilles, ou des personnes sur le mur ou le sol. D’autres photographies montrent des moments de vie, le travail des ouvriers dans un chantier, des enfants avec leurs jouets, des passants marchant dans les rues, jouant aux cartes sur un banc, ou se reposant. Le cadrage et le point de vue des scènes indiquent la construction des images, la lecture de l’espace lorsqu’il s’agit par exemple d’une passerelle urbaine, d’un quai, de câbles électriques, ou de toits éclairés la nuit, pour ainsi amener le regard du spectateur du haut vers le bas de l’image, ou du fond au premier plan comme dans l’image ci -dessous.
Manuel




































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